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Le Soleil, Quebec City november 5th 2005 Kathleen Lavoie click to enlarge >> |
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The Box, futur antérieur
Libéré des contraintes commerciales de la grande époque de The Box, Jean-Marc Pisapia écrivait, l'an dernier, un nouveau chapitre dans l'histoire du groupe montréalais, dont il est désormais seul capitaine à bord. Fable spatiale sur trame progressive, Black Dog There qu'il présentera sur la scène de l'Impérial vendredi constitue la chronique d'un retour vers le passé de l'auteur-compositeur. «C'est une thérapie que je suis en train de faire», a indiqué d'entrée de jeu Jean-Marc Pisapia pour expliquer le changement de direction musicale qu'il effectue sur ce cinquième album de The Box, 13 ans après la fin officielle du groupe. Je revisite à ma manière des coins de mon passé, de mon enfance. J'avais besoin et envie de le faire. Exactement comme une thérapie. Aujourd'hui je n'ai plus de contrainte, je n'ai plus besoin de ça pour vivre. Black Dog There est un album que je n'aurais jamais pu faire dans les années 80. La radio était aussi formatée qu'aujourd'hui. Si on voulait avoir la chance de durer, on n'avait pas le choix de rester à l'intérieur de certains paramètres. Il n'a donc rien à voir avec ce qu'on a fait avant et c'est absolument prémédité», a encore fait savoir l'artiste, qui a oeuvré dans le monde de la publicité depuis ce temps. Mais puisque la musique est différente, que le groupe de scène est entièrement renouvelé, pourquoi tant tenir à garder le nom de The Box? «Il y avait un aspect de fantasme la-dedans qui me tenait à coeur. En plus, y aller seulement avec mon nom, ça aurait fait moins progressif. Je me dis souvent que cet album aurait pu être le premier que The Box aurait dû faire. D'ailleurs, certaines chansons de Black Dog there ont été écrites à cette époque. Sans compter que dans The Box, 90% de la musique et des paroles, c'était moi. Pour moi, c'était comme de reprendre avec une vieille blonde sur des bases différentes», a-t-il pointé. Au moment de la rupture, la tête et le coeur étaient ailleurs. Chaque membre du groupe avait envie de passer à autre chose. «On était tous fatigués, on voulait vivre nos vies de famille. (...) Aujourd'hui, mes deux filles sont plus vieilles et ça me tente de me consacrer à ça. Je me rends compte qu'en plus de la musique, une autre partie du fun pour moi c'est de faire des shows et des journées de promotion. Ça ne me manquait pas mais je me rends compte que j'aime toujours ça. Fasciné par la science. À 48 ans, Jean-Marc Pisapia se replonge donc dans l'aventure de la musique avec la même passion qui le consumait à ses débuts. Avec la même passion qu'il s'est également intéressé à la science au cours des dernières années, d'où le thème de Black Dog there. «Depuis cinq ou six ans, je ne lis plus du tout de littérature, que des affaires techniques. Je suis un vrai consommateur de tout ce qui traite des dernières découvertes de la physique moderne. Les travaux d'Einstein sur la relativité, la théorie des cordes, l'exploration de l'infiniment grand et l'infiniment petit, ça me fascine.(...) C'est d'ailleurs ça qui a ouvert la porte à Star Trek. Le musicien est convaincu que les démarches de l'artiste et du scientifique sont tout à fait semblables. «On dit souvent que les artistes sont des têtes en l'air. Dans ce sens là, les physiciens sont des artistes et Hendrix n'était rien à côté d'eux. Si on prend un mathématicien comme Pascal, c'est quand il a cessé de trouver des solutions pour expliquer l'univers qu'il s'est mit à en inventer. Si ce n'est pas être un artiste ça, je ne sais pas ce que c'est ...» L'intérêt de Jean-Marc Pisapia pour les grandes lois qui régissent l'univers est en quelque sorte sa façon de réfléchir sur le rôle qu'il y occupe. «Je ne crois pas à Dieu. Surtout pas quand je vois la place de plus en plus grande qu'occupent les religions dans les conflits mondiaux. Je pense qu'il faut arrêter de croire au père Noël. Et quand on ne croit ni à Dieu et ni au père Noël, une partie de la solution se trouve dans ce que ces gars-là apportent.» Amateur de technologie, Jean-Marc Pisapia ne boude pas cette dernière quand vient le temps de recréer sa musique sur scène. S'il est désormais entouré de François Bruneau à la guitare, Daniel Volj à la basse, Martin lapierre à la batterie, Denis Faucher aux claviers et Isabelle Lemay aux voix, il fait également appel aux «machines» pour reproduire le plus exactement possible le fruit de son travail en studio. «C'est vrai qu'on triche un peu avec les ordis mais je trouve important d'amener la qualité sonore pour que les gens s'y retrouvent.» Et que les fans de la première heure se rassurent: en plus des pièces de Black Dog There, The Box reprendra tous ses classiques vendredi sur la scène de l'Impérial, les Closer Together, l'Affaire Dumoutier, Ordinary People, Crying out for love, Temptation et Inside My Heart. Qui plus est , Jean-Marc Pisapia ne prendra pas une autre décénnie avant de faire paraître un autre album de The Box. Déjà, un projet de mise en chantier d'une oeuvre de Maupassant est sur la table.
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